C’est le tabac qui fit la fortune de la Caroline du Nord. Compte tenu de la main d’œuvre nécessaire à sa culture, elle importa de nombreux esclaves et se retrouva donc dans les rangs sudistes, après avoir fait partie des treize colonies originelles ayant fondé les Etats-Unis. Aujourd’hui le tabac, malgré ses vicissitudes, reste l’une de ses principales richesses. L’état, bien qu’étant le plus industrialisé des états du sud, reste assez pauvre et rural malgré quelques villes importantes. On distingue trois grandes régions d’est en ouest. La côte atlantique, s’étirant sur plus de 800 kilomètres tourmentés avec détroits, estuaires, marais, baies compliquées comme autour de l’Albemarle Sound et du Pamlico Sound, est certainement le secteur le plus séduisant pour le visiteur. Les superbes plages, ourlant les Outer Banks, un cordon d’îles perdues, autrefois refuge des gullahs (des noirs fuyant l’esclavage des plantations qui ont longtemps maintenu leur mode de vie africain traditionnel) et théâtres de centaines de naufrages, sont hérissées de dunes et de phares historiques comme ceux de Cape Fear ou de Cape Hatteras. Elles sont desservies par des ferrys parfois aléatoires (ce qui fait leur charme) et protégées par les parcs nationaux de Cape Hatteras National Seashore et Cape Lookout National Seashore, séparant le Pamlico Sound de l’Atlantique. Elles sont aussi dotées de petites stations décontractées comme Nags Head qui attirent du monde en saison. C’est là que la colonie perdue de l’île de Roanoke a disparu corps et biens en 1590 après sa fondation par Sir Walter Raleigh, le favori d’Elizabeth d’Angleterre. Les îles entretiennent également de nombreuses histoires et légendes de piraterie entre Sir Francis Drake, Barbe-Noire et Anne Bonney. C’est au nord, sur une île voisine, près de Kitty Hawk, que le Flyer des frères Wright marqua la naissance de l’aviation aux Etats-Unis. Sur la côte continentale, quelques ports coloniaux comme Edenton, Beaufort (à ne pas confondre avec son homonyme de Caroline du Sud), Wilmington ou New Bern arborent leur architecture coloniale bien conservée.
Le centre, le Piémont, plaisamment arrosé de dizaines de cascades, est occupé par plusieurs villes industrieuses se tournant de plus en plus vers les technologies de pointe, et riche d’universités ou d’établissements d’enseignement très cotés. Raleigh, la capitale d’état, qui prend un soin jaloux de son vieux capitole reconstruit en 1840, est le site de la North Carolina State University. Durham est le siège de Duke University. L’University of North Carolina se trouve dans l’alerte et branchée Chapel Hill. Winston-Salem combine l’héritage lié au tabac et aux Frères Moraves, une secte fondée au XVe siècle, venus de Moravie et se réclamant des théories religieuses de Jan Huss. Charlotte, la ville la plus importante de l’état, affiche ses gratte-ciel comme une grande. On peut encore citer Greensboro. Immédiatement à l’ouest, les pentes des Appalaches, à déguster en couleurs lors de l’été indien, s’élèvent jusqu’à la Blue Ridge Parkway, route de crêtes tout en courbes descendant de Virginie, offrant des vues à l’infini et menant, via Asheville, près de laquelle trône la fameuse Biltmore Estate, la résidence fastueuse aux 250 pièces de George Vanderbilt, copiée des châteaux de la Loire, et Boone, chacune dans leur style des stations de villégiature, au Great Smoky Mountains National Park, partagé avec le Tennessee et au pied duquel les cherokees essayent de sauvegarder leur culture tout comme les hillbillies. Ces petits blancs pauvres des montagnes ont créé leur propre musique, folk et country, dont le dernier avatar est la newgrass, un dérivé contemporain du bluegrass. Grâce à ses décors naturels et son histoire mouvementée, mais aussi à des studios très bien équipés (Wilmington est même surnommée "Hollywood East," ou "Wilmywood"…), la Caroline du Nord est très souvent utilisée par le cinéma. Par exemple, « La Couleur Pourpre » de Steven Spielberg ou « Blue Velvet » de David Lynch ainsi que plusieurs adaptations tirées de Stephen King comme « Cape Fear » tourné en fait en Floride. Les Appalaches semblent inspirer les réalisateurs. Plusieurs scènes de « Le Dernier des Mohicans », notamment dans le secteur de Chimney Rock, de « Dirty Dancing », « Nell », « Hannibal » et « Le Fugitif » y ont été tournées.
Charlotte, reliée à l’Europe par des vols non stop, est la porte d’entrée la plus directe. Atlanta ou Washington D.C. sont deux autres excellentes options, selon la construction de votre itinéraire dans la région. Toutes les grandes villes du Piémont central sont très bien desservies par le bus. En revanche, pour les montagnes ou les stations de la côte, la voiture reste à privilégier car aucun transport public ne dessert les Outer Banks ou la Blue Ridge Parkway.
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