Perdue en plein Pacifique quelques degrés au nord de l’Equateur, l’île de Guam appartient à l’archipel des Mariannes en Micronésie. Elle se trouve à 6150 km à l’ouest de Honolulu, à 2500 km au sud de Tokyo et à 2400 km à l’est de Manille. Approximativement équidistante de la Chine, du Japon, des Philippines et de la Nouvelle Guinée, elle doit à sa position stratégique une histoire tumultueuse.
Aujourd’hui, cette île est administrée par l’Office of Insular Affairs (OIA), une division du Ministère de l’Intérieur US qui gère les territoires américains « non incorporés et non organisés » comme les Samoa américaines et le Commonwealth des îles Mariannes du Nord. Bien qu’administré par un gouverneur autochtone élu au suffrage universel pour 4 ans, Guam n'est pas considéré comme un état à part entière.
Cette île excitera la curiosité du voyageur aimant les destinations hors des sentiers battus, prêt à découvrir une Amérique ô combien exotique, notamment à l’occasion d’un tour du monde. En effet, de nombreuses compagnies aériennes s’associent pour proposer des prix forfaitaires. Vous pourrez donc en profiter !
Malgré de très longues heures de vol, l’île séduit les touristes avec ses plages ensoleillées, ses golfs, son monde sous-marin, et les souvenirs liés à la Guerre du Pacifique, un cadre idéal pour se poser entre nature vierge et farniente en humant le parfum de l’histoire.
HISTOIRE
Les chamorros, venus de Chine, d’Indonésie ou des Philippines peuplent l’île depuis au moins 4000 ans.
Le navigateur portugais, Ferdinand Magellan, fut le premier européen à leur rendre visite lors de son tour du monde en 1521. Les espagnols en prirent possession dès 1565. Ils amenèrent des milliers de philippins pour la coloniser et en faire une étape sur la route maritime entre le Mexique et les Philippines. A la fin du XVIIe siècle, les chamorros étaient encore estimés à 100 000.
Avec les guerres et les maladies, on ne comptait plus que 1500 chamorros à la fin du XVIIIe siècle. Les trois siècles de colonisation espagnole influencèrent de manière irréversible leur culture, leurs traditions religieuses avec le développement du catholicisme, leurs patronymes et la toponymie. Défaite lors de la guerre hispano-américaine de 1898, l’Espagne céda Guam aux États-Unis qui s’efforcèrent de faire disparaître le chamorro.
Les japonais s'emparèrent de Guam trois jours après leur attaque sur Pearl Harbour en décembre 1941. L’empire du Soleil Levant exerça un pouvoir arbitraire et brutal durant l’occupation à laquelle les chamorros payèrent un lourd tribut.
L’île fut reprise par les américains après de durs combats entre le 21 juillet et le 10 août 1944. Des survivants de l’armée nipponne se réfugièrent dans la jungle. En 1972, les insulaires découvrirent un sergent qui avait passé 27 ans dans une grotte, persuadé que le conflit n’était pas terminé... En 1950, les habitants de Guam devinrent citoyens américains et l’anglais devint la langue officielle.
Guam doit sa fortune à sa position stratégique qui en a fait l’une des principales bases militaires américaines du Pacifique, juste après Hawaï. Aujourd'hui, l'armée US possède au moins 30 % de l'île. Sa présence, accélérant l’acculturation programmée, a profondément bouleversé la population autochtone qui vit désormais à l'heure américaine. Sur les 170 000 habitants que comptent l’île, les chamarros représentent le groupe ethnique le plus important avec 41% de la population. Malgré la colonisation hispano-américaine, ils ont conservé, avec difficulté, leur caractère identitaire, notamment à travers leur langue, leurs danses et leur savoir-faire artistique.
Lors de son voyage, le visiteur rencontrera des chamorros de souche, descendants des colons espagnols et bien sûr, les fiers représentants des armées et de la marine américaines en goguette, un cocktail illustrant l’histoire agitée de l’île et reflétant sa culture unique.
GEOGRAPHIE
L'île, d’une superficie de 549 km², est entourée de hautes falaises et de récifs coralliens, une topographie qui n’en faisait pas un objectif facile pour une opération amphibie en 1944. Longue de 48 km pour une largeur variant de 6 à 19 km, elle est constituée de deux parties séparées par une bande de terre centrale. Le Nord est constitué d'un plateau corallien relativement plat couvert d'une dense végétation tandis que le Sud, plus vallonné, est la partie cultivée de l'île, alternant plaines et vallées herbeuses. Dans l'ensemble, l'île a un relief peu accidenté. Sa capitale est Agana (Hagatna en chamorro). En dehors des bases militaires, le tourisme lui apporte l’essentiel de ses revenus.
La destination est aujourd’hui très prisée des japonais et des coréens, clientèles à fort pouvoir d’achat situées à proximité, ce qui explique la présence des grandes griffes françaises et de quelques français expatriés. Les touristes asiatiques ne viennent, en général, que quelques jours, et se consacrent beaucoup à la plongée et au golf. Les agences locales et les grands hôtels, concentrés autour de Tumon, proposent de nombreuses activités telles que les sports nautiques ou l’écotourisme avec randonnées, voire immersions, dans la jungle.
Guam a été victime, comme bien d’autres îles, d’une bio-invasion. Elle abrite de nombreuses espèces d’oiseaux ayant été exterminés dans les autres régions du Pacifique. Mais peu après la guerre, un navire introduisit par accident un serpent qui se multiplia, attaquant les sites de nidification. Depuis peu, la population reptilienne diminue et les oiseaux reprennent la main.
TOURISME
On peut se rendre à Guam tout au long de l’année, les températures y étant relativement constantes (aux alentours des 27°C). Ce sont les précipitations (et les touristes !) qui différencient saison humide (généralement de juillet à décembre) et saison sèche (de janvier à juin). La saison humide est nettement meilleure marché. Après tout, on peut bien supporter une bonne averse quotidienne ! Mais pour certains, chaleur et humidité combinées peuvent donner l’impression d’être dans un sauna permanent. Heureusement, la brise marine n’est jamais très loin...
La saison des typhons s'étend principalement en octobre et novembre. Ils sont en général annoncés deux ou trois jours à l’avance. Les bâtiments sont construits en conséquence.
Si les fêtes et festivals attirent du monde, la fête de la Libération du 21 juillet est prétexte à toute une semaine de libations et d’animations, combinant histoire et culture locales. Ces événements sont aussi l’occasion de constater que l’influence chamorro est toujours bien présente. Quand on est invité, il est poli d’amener un plat à partager.
La location de voiture est le mode de transport le plus pratique pour se déplacer sur l'île.
La plongée est, sans aucun doute, l’activité la plus prisée. On apprécie autant les fonds sous-marins et les récifs coralliens pour leur splendeur multicolore que pour les nombreuses épaves héritées de la Seconde Guerre Mondiale.
Les golfeurs seront surpris par le nombre de parcours dotant cette petite île : sept au total dont certains dessinés par les grands noms de ce sport. Le 18 trous de Talofofo, dans le sud, est l’un des plus respectés.
La voile, l’observation de la faune marine avec ses nombreuses colonies de dauphins, la pêche au gros avec le mythique marlin bleu, sont d’autres activités nautiques incontournables pour lesquelles la proximité de la fosse des Mariannes est un atout indéniable.
Les plus profonds fonds sous-marins de la planète, mesurés à près de 11 000 mètres à la frontière de deux plaques tectoniques, passent en effet à quelques 100 km à l’est de l’île. Depuis le 6 janvier 2009, ils sont protégés par le Mariana Trench Marine National Monument, l’une des bonnes idées du gouvernement de George W. Bush.
Une excursion à Cocos Island, 2 miles au large de la côte sud, est l’un des musts les plus populaires. On peut emprunter le bac de Merizo ou affréter un bateau pour aller plonger ou prendre un bain de soleil, en méditant sur le naufrage mystérieux, en juin 1690, de la Neustra Senora del Pilar de Zaragosa y Santiago, un vaisseau espagnol qui faisait route entre Acapulco et Manille et dont la riche cargaison reste encore à découvrir.
Si l’on préfère l’eau douce, on peut aller se rafraîchir au Talofofo Falls Park où se trouve la plus grande cascade de l’île. On peut en avoir une bonne vue en empruntant un genre de télésiège rasant la cime des arbres. C’est également un bon spot de randonnée. Vous y trouverez entre autre un petit musée principalement consacré à la Seconde Guerre Mondiale.
Autour d’Apra Harbor, l’un des ports naturels les mieux protégés du Pacifique, se pratiquent quantités d’activités nautiques : croisières, scooter des mers, pêche, plongée et tours sous-marins. Une cinquantaine d’épaves de la Seconde Guerre Mondiale ont été recensées dans le secteur ; la liste est affichée à Orote Point Overlook. Il est fortement conseiller de réserver à l’avance...
A terre, on ira voir l’Asan Overlook où se trouve le mémorial de la Seconde Guerre Mondiale rendant hommage aux martyrs de l’occupation japonaise et offrant un superbe panorama sur la rade. Le Marianas Military Museum est, quant à lui, consacré à la bataille de Guam de l’été 1944 avec force objets, équipements et documents.