Les Grands Lacs : Indiana, Michigan, New York, Ohio, Wisconsin
Géographiquement les Grands Lacs englobent aussi l’Illinois et le Minnesota, membres du Visit Usa Committee et qui font donc l’objet d’informations détaillées à leur nom. Cette introduction renvoie aux états non membres à ce jour, listés en titre.
Les français furent les premiers blancs à découvrir l’immensité des Grands Lacs quand Champlain arrive en 1603 et rencontre hurons, algonquins ou autres iroquois. Forts militaires, missions jésuites et postes de traite des compagnies de fourrure vont jalonner les cours d’eau entre le Saint Laurent et le Mississippi, une voie stratégique qui permettait de rejoindre Saint-Louis et La Nouvelle Orléans, faisant de cette région gigantesque la Nouvelle France que l’on a trop tendance parfois à vouloir limiter au Québec. La route fluviale et maritime des Grands Lacs permettant de pénétrer au cœur du continent à la recherche de l’hypothétique passage du nord-ouest restera un aiguillon majeur de la colonisation. Les français traitent le plus souvent les indiens comme des égaux, voire des alliés avec qui ils négocient et se marient. Ce ne sera pratiquement jamais le cas des anglais qui les considèrent comme des « sauvages » et montent certaines tribus contre les français. La victoire finale de la perfide Albion à l’issue de la Guerre de Sept Ans, plus connue en Amérique sous le nom de French Indian War, va accélérer cette tendance. La poussée vers l’ouest après l’indépendance américaine avec l’arrivée massive d’immigrants va entraîner plusieurs conflits importants avec les indiens, gênant l’expansion, avec des chefs emblématiques comme Pontiac, Tecumseh, Black Hawk. Ils sont parfois liés à la présence britannique comme lors de la Guerre de 1812. Scandinaves ou germaniques viennent utiliser leur savoir faire dans l’exploitation forestière ou la culture du houblon dans la partie nord, en utilisant les nouvelles villes créées sur les voies de communication, en bord de lac ou sur les rivières, autant de futurs noeuds ferroviaires. Les régions sud le long de l’Ohio sont elles, peuplées par des arrivants sudistes venant des Kentucky et Tennessee voisins, voulant maintenir l’esclavage comme outil majeur d’un développement plus axé sur l’agriculture. Elles résisteront d’ailleurs à la conscription sous la bannière étoilée lors de la Guerre de Sécession qui sera le stimulus décisif de l’essor industriel avec l’apport massif et bon marché de la main d’œuvre noire. Urbanisation et ghettoïsation, apogée puis déclin de l’industrie, dépressions et récessions déclenchent un cycle infernal aboutissant aux émeutes des années soixante exacerbées par la lutte pour les droits civiques et l’émergence de la « Rust Belt », la ceinture de la rouille, surnom dérisoire et ironique donné à la série de centres urbains dont le sort était trop dépendant de la monoculture de la mécanique puis de l’automobile, Chicago, Detroit, Cleveland, Milwaukee, Toledo, Akron etc.
A côté de ces villes tentaculaires dont l’héritage industriel fatigué est en train de subir un lifting et une cure de rajeunissement spectaculaires souvent initiés par des institutions culturelles financées à l’origine par les grands noms de l’industrie (de Ford à Kodak par exemple), ou de jolies villes universitaires (Ithaca, Ann Arbor), l’environnement naturel des Grands Lacs reste étonnamment préservé. En effet, à côté des villes nées des diverses révolutions industrielles et à ce titre, riches d’une architecture flamboyante et d’une vie culturelle intense illustrée par des musées richissimes qui, comme Chicago ou Detroit, en font des destinations de voyage à part entière, c’est aussi la nature qui attire le visiteur venu profiter de la chaleur estivale compensée par la brise du large ou des grands espaces givrés hivernaux.
Les grands lacs eux-mêmes, formant une gigantesque mer intérieure, sont le théâtre d’un décor maritime qui n’a rien à envier aux côtes océanes : péninsules tourmentées, îles perdues ou falaises, dunes et plages souvent désertes, protégées par des parcs nationaux, phares du bout du monde, petits ports de pêche, villégiatures victoriennes, légendes de naufrages et d’épaves, tempêtes redoutables, et l’emportent largement sur le milieu industriel décrépit propre à certaines villes, notamment sur le pourtours du lac Erié ou au sud du lac Michigan. Dans l’intérieur des terres, la forêt boréale, omniprésente au nord, est littéralement criblée de myriades de lacs plus petits voire microscopiques, rivières et cascades, composant un décor farouche, séduisant le mordu de pêche autant que le passionné de motoneige ou de traîneau à chiens. Ailleurs, la campagne, où l’on peut conduire des heures sans croiser grand monde, en dehors des villes et des chutes du Niagara mais situées justement en pleine ville, se fait accueillante et champêtre, avec ses vallonnements semés de silos à grain, de granges rouges et de plus en plus de vignobles, et ses petites bourgades qui, entre communautés amish et petits centres au style rétro, semblent figées dans le passé et sorties d’un livre d’images sur le temps jadis.
La région est facilement accessible depuis l’Europe avec des vols directs et non stop, notamment de Chicago, Detroit, Cincinnati mais aussi Toronto. En effet le Canada peut s’avérer une bonne porte d’entrée selon votre périple. L’histoire et la géographie de la région sont de bonnes raisons d’envisager un voyage transfrontalier. Venez constater que les Grands Lacs sont aussi aux Etats-Unis !
Une sélection arbitraire et subjective des « must » de la région à ne pas manquer :
Chicago
Detroit et le musée Ford de Dearborn
Le Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland
Mackinac Island
La Upper Peninsula du Michigan
Les 500 Miles d’Indianapolis
Oshkosh, la plus grande fête populaire aéronautique mondiale
Apostle Island, Sleeping Bear Dunes, Isle Royale, Pictured Rocks, les Adirondack
Les résidences des familles huppées le long de la vallée de l’Hudson
Les chutes du Niagara et les Finger Lakes
Les souvenirs de Hemingway, John Dillinger, ou James Dean
MICHIGAN
A ce jour, cet état n'est pas encore membre du Visit USA Committee/France. C'est pourquoi vous ne trouverez qu'une information limitée :
On ne fait pas plus au cœur des Grands Lacs que le Michigan ! Il présente une curieuse physionomie composée de deux péninsules. La basse, en forme de gant de boxe ou de moufle, avec le pouce mouillé entre le lac Erié et le lac Huron, et le dos adossé au lac Michigan. La haute est une longue jetée allant en s’amenuisant à la confluence des lacs Supérieur, Michigan et Huron. Il est donc le seul à être bordé par quatre grands lacs sur cinq. Il offre plus de 3200 miles de côtes, bien plus que la côte américaine du Pacifique, protégées par Isle Royale National Park, Pictured Rocks National Lakeshore, Sleeping Bear Dunes Lakeshore, Thunder Bay National Marine Sanctuary. C’est donc son ambiance maritime et ses espaces naturels qui vont retenir d’abord l’attention : petits ports perdus, 149 phares (davantage que n’importe quel autre état), plages à la pelle, îles par centaines, histoires d’épaves, dunes de sable immenses, stations au parfum rétro ou à l’ambiance de fête foraine, mais aussi forêts épaisses mitraillées de milliers de petits lacs souvenirs résiduels des glaciations passées, villages de mineurs ou de bûcherons sont les sources d’inspiration inépuisables des romans de Jim Harrison. La Upper Peninsula (UP pour les initiés), malgré ses vieilles mines de fer ou de cuivre qui ont laissé de pittoresques villes fantômes, ou la présence des Soo Locks, les gigantesques écluses de Sault Sainte-Marie laissant passer les cargos océaniques, avec 90% de territoire recouvert de forêt, reste un immense refuge naturel pour la faune locale ou les amateurs d’isolement venus profiter de ses 150 chutes d’eau héritées du Bouclier canadien. Le sud, agricole et fier de ses champs de cerisiers, est beaucoup plus urbanisé. En dehors de petites villes prétextes à des « tubes » de la musique populaire américaine comme Kalamazoo ou Saginaw, il est marqué par la présence de Detroit, la sixième métropole américaine, qui a fait du « self-made man » un archétype, et de la voiture, l’icône absolue de « l’american way of life », stigmatisés dans les films de Michael Moore, natif de Flint.
Le « grand lac » des ojibwas fut exploré comme c’est la règle dans cette région par les coureurs des bois et « voyageurs » français venus du Québec, suivis des missionnaires comme le père Marquette. Les origines de Detroit, poste de traite sous le nom de Fort Pontchartrain par Antoine de Lamothe Cadillac, l’un de ces personnages à la destinée exceptionnelle qui ont fait l’Amérique, honoré d’ailleurs par une lignée automobile symbole de réussite, remontent à 1701. La région connut les tribulations habituelles de fin de la Guerre de Sept Ans avec le traité de Paris, la Guerre d’Indépendance puis la Guerre de 1812 lors du « come back » manqué des britanniques qui échoua avec la bataille de Thames en Ontario qui vit aussi la disparition du chef shawnee Tecumseh, allié des « tuniques rouges ». L’ouverture du canal Erié, le chemin de fer, la mécanisation favorisant l’agriculture et l’exploitation forestière et minière valurent au 26éme état (entrée dans l’Union en 1837), un développement rapide lié à une forte immigration, conséquence des besoins de main d’œuvre, venue aussi bien d’Europe que des états du sud après la Guerre de Sécession. Tout était donc en place, avec la présence d’entrepreneurs visionnaires comme Henry Ford, William Crapo "Billy" Durant ou Louis Chevrolet, pour lancer le travail à la chaîne qui s’appliqua avec succès à la construction automobile. Conflits ouvriers et luttes pour les droits civiques touchèrent durement Detroit à plusieurs reprises, notamment pendant les années soixante. Avec le déclin de l’industrie automobile, le Michigan s’installe de plus en plus au cœur de la « Rust Belt », une ambiance bien exploitée au cinéma par des films comme « Blue Collar », « Narc », « 8 Mile », « Roger & Moi » ou « Gran Torino », mais essaye aussi de tirer partie de ses immenses ressources naturelles et de son patrimoine historique au profit du tourisme été comme hiver avec, « up North » (l’ancien pays d’en haut des français), des miles de pistes de motoneige ou de traîneaux à chiens.
La côte sud du lac Michigan
A moins de 30 miles de la frontière de l’Indiana, commence avec St Joseph, « le pays des ports » (Harbor Country), une succession de petites stations où l’on peut se baigner, faire du bateau, aller à la pêche, bref prendre des vacances. St Joseph, haut perchée sur une falaise dominant Silver Beach, est riche de deux phares et d’une kyrielle de marchands de glace. 50 miles plus au nord, voilà Holland, fondée en 1847 par une communauté religieuse venue des Pays-Bas. Le village cumule tous les clichés bataves, à commencer par une architecture coloniale aux influences évidentes, des tulipes, par dizaines de milliers lors de la floraison en début d’été, à la fabrique de sabots, en passant par l’inévitable moulin, le Holland Museum, la superbe Cappon House, propriété de la même famille de 1873 à 1980 et Settlers House, plus modeste demeure remontant à 1867 sans oublier la bière… 20 miles plus loin, Grand Haven possède l’une des plages les plus séduisantes des Grands Lacs. Ludington offre d’autres plages avant le Ludington State Park 8 miles plus loin, préservant de belles dunes et des forêts de pins, un site sympa pour du camping ou un pique-nique. Un ferry, le S.S. Badger, traverse le lac Michigan en direction de Manitowoc, au Wisconsin, pratique si vous voulez éviter les tracas de la traversée de l’agglomération de Chicago. Manistee, 32 miles au nord, est assez séduisante avec son petit centre victorien, ses planches bordant la Manistee River se jetant dans le lac Michigan et la plage de Douglas Park. 30 miles plus loin, on arrive à Frankfort, couronnant une falaise dominant une petite plage. Vous êtes arrivé à la base de la Leelanau Peninsula, riche du Sleeping Bear National Lakeshore (voir à ce nom), où tout est nettement plus cher mais beaucoup plus préservé…
Affiner votre recherche en sélectionnant une ville, un parc ou un site :