A ce jour, l'Oklahoma n'est pas membre du Visit USA Committee / France. C'est pourquoi vous ne trouverez qu'une information limitée à son sujet.
L’Oklahoma est l’un des états les plus marqués par l’histoire de l’Ouest. Considéré tout juste bon à y parquer les indiens, l’Indian Territory accueillit les premiers damnés rouges de la colonisation anglo-saxonne : choctaws, chickasaws, séminoles, creeks, suivis des cherokees déportés des Appalaches en 1838 par la funeste Piste des Larmes. Ca n’est donc pas par hasard si Oklahoma signifie « homme rouge » en choctaw, l’état abritant encore aujourd’hui l’une des plus fortes concentrations indiennes du pays (39 tribus installées sur place). Seuls blancs à se risquer dans ce "no man’s land" redouté, des hors-la-loi comme Sam et Belle Starr, et les cow-boys montant les troupeaux texans vers les « Reines de la Prairie » du Kansas.
Réalisant que les terres étaient exploitables, les blancs commencèrent à s’installer de manière erratique avant que des courses à la terre soient organisées officiellement. Ceux qui arrivaient les premiers sur les terres prédécoupées par le cadastre du US. Land Office, devaient construire une maison et travailler la terre pendant au moins cinq ans avant de devenir propriétaires. Près de Chandler et d’Oklahoma City eut lieu la première du genre. Au coup de canon, quelques 50 000 candidats s’élancèrent à pied, à cheval ou en voiture, pour aller occuper le lopin de terre de leur rêve. A la stupéfaction des indiens, le soir du 22 avril 1889, les plaines et collines étaient parsemées de tentes.
De 1889 à 1895, eurent lieu sept courses dont l’aspect spectaculaire inspira au cinéma les films « Cimarron » ou « Horizons Lointains ».
Au boom pétrolier des années 1920, succéda la sécheresse des Dust Bowls des années 1930 qui déclencha, lors de la Grande Dépression, l’émigration des fermiers pauvres et ruinés vers les mirages californiens via la Route 66. L’histoire poignante des « Oakies » chassés sur les routes par les bulldozers des spéculateurs fonciers, et leur détresse saisie dans les instantanés de Dorothée Lange, inspirèrent « Les Raisins de la Colère » à John Steinbeck. Adapté au cinéma par John Ford en 1939, ce film donna à Henry Fonda l’un de ses plus beaux rôles. Cette période nourrit également les chansons de Woody Guthrie dont Bob Dylan et Bruce Springsteen sont les héritiers.
Cet héritage est aujourd'hui lié à celui, plus vintage, de la Route 66 séduisant les « baby boomers », et à un patchwork de paysages passant du vert de la forêt orientale au rouge des plaines arides piquetées d’éoliennes, en passant par la prairie parcourue par les tornades, les lacs, cascades et de puissantes rivières.
Le tourisme est, après le pétrole, la principale richesse d’un état peu développé qui n'a obtenu son statut qu’en 1907 et qui joue toujours de son côté péquenot. Le film "red neck" est par exemple symbolisé par le chanteur country Garth Brooks, énorme vedette au sein de l'état car natif de Tulsa et élevé près d’Oklahoma City.
L'état est facilement accessible par ses deux grandes villes que sont Oklahoma City, la capitale, et Tulsa. Sur les 350 miles de son parcours de Quapaw à Texola, la Route 66 s’offre sous son meilleur jour. Toutefois, il faut parfois accepter de se perdre sur les routes secondaires pour découvrir un ruban de goudron effiloché semé d’herbes folles où roulent les tumbleweeds soufflés par le vent, un vieux garage en ruine ou un motel écroulé, une enseigne déglinguée, des carcasses de voitures rouillées ou un cinéma sorti de « La Dernière Séance » évoquant la culture automobile par excellence... On l’aura compris, avec ses souvenirs touchants voire dérisoires, la 66 est souvent davantage un état d’esprit, un fantasme pour voyageur à la recherche du temps perdu, marqué par la nostalgie de l’Amérique idéale.
Les localités sont trop nombreuses pour que l’on puisse détailler ici toutes leurs attractions Sont ici listées les plus significatives et selon nous les plus « riches » : Foyil, Miami, Afton, Vinita, Claremore, Catoosa, Tulsa, Sapulpa, Kellyville, Bristow, Depew, Stroud, Davenport, Chandler, Warwick, Wellston, Luther, Arcadia, Oklahoma City, Bethany, Yukon, El Reno, Calumet, Geary, Bridgeport, Hydro, Weatherford, Clinton, Foss, Elk City, Sayre, Hext, Texola, Erick...
L’EST
L’Est est caractérisé par les collines contreforts des Monts Ozark, couvertes de bois et striées de rivières et de lacs. Tulsa en est l’agglomération principale tandis que Tahlequah et Pawhuska sont les capitales des cherokees et des osages.
Claremore, située sur la 66 à 30 miles au nord-est de Tulsa, rend hommage à Will Rogers avec le Will Rogers Memorial Museum et son joli ranch natal quelques miles au Nord. A voir aussi le J.M.Davis Arms & Historical Museum.
Bartlesville, 40 miles au Nord de Tulsa, est le siège de la Philips Petroleum Company. On y trouve la demeure de Frank Philips. La ville est dominée par la Price Tower, un gratte-ciel de Frank Lloyd Wright, étonnant pour la région. 13 miles au Sud-ouest, Woolaroc, le ranch du magnat du pétrole qui emprunta son numéro à la Route 66 pour sa publicité, est à la fois une réserve naturelle hébergeant des bisons et un musée sur l’histoire et l’art de l’Ouest.
Tulsa, la deuxième ville de l’Oklahoma, est revêtue d'un décor de « Rusty James » qui a fait fortune avec le pétrole. Le centre, autrefois fréquenté par les grands du jazz, abonde en immeubles art-déco. Au nord-ouest de la ville, ne manquez pas le Gilcrease Museum dédié à l’art de l’ouest indien et américain. Pour une sortie, consultez l’Urban Tulsa Weekly ou Tulsa World !
75 miles au sud-est de Tulsa, Tahlequah à l’amusante petite Main Street, est la capitale de la nation cherokee. Le Cherokee Heritage Center explique l’histoire de la tribu.
Cinquante miles au sud-est de Tulsa, au milieu des trois lacs (Fort Gibson, Tenkiller et Eufaula), se trouve Muskogee, capitale des creeks. C’est aussi le siège des 5 nations « civilisées ». Le Five Civilized Tribes Museum explique la culture indienne. Les activités principales de la villes sont les sports nautiques, la plage, la rando, le sous-marin USS Batfish et Honey Springs Civil War Battlefield.
L’OUEST
L’horizon s’agrandit au fur et à mesure que l’on avance vers l’Ouest. En dehors d’Oklahoma City, très étendue, les localités restent très modestes avec cette ambiance d’americana au naturel qui caractérise la « petite » Amérique, notamment au bout de la panhandle qui se glisse entre le Kansas et le Texas. Cow-boys, indiens et hors-la-loi devaient s’y sentir chez eux…
Oklahoma City, née lors de la course à la terre, succéda à Guthrie comme capitale en 1911. Elle se développa grâce au pétrole découvert en 1928. On trouve encore des derricks jusque dans le centre-ville.
Les sites majeurs de la ville sont aujourd'hui :
- Les abattoirs, même pour les végétariens, de préférence lors des ventes aux enchères du petit matin. Depuis 1910, on estime qu’au moins 100 millions de têtes y sont passées.
- L’Oklahoma City Museum of Art, le capitole local, inauguré en 1917, avec dans ses sous-sols, une pompe à pétrole.
- Bricktown, l’ancien quartier des entrepôts, est le meilleur spot pour écouter de la musique « live ». Vous pouvez d'ailleurs suivre l’actu musicale dans l’Oklahoma Gazette.
- Le National Cow-boy Museum & Heritage Center est un formidable musée magnifiant l’épopée de l’Ouest.
- Le Overholser Mansion
- Le Harn Homestead Museum
Oklahoma City est aussi la meilleure base pour partir à la rencontre des tornades, à moins que vous ne souhaitiez juste revoir « Twister »…
Trente miles au nord d’Oklahoma City, Guthrie, capitale d’état de 1907 à 1911, possède un remarquable Historical District à l’architecture victorienne très homogène.
Pour conforter le retour dans le passé, dormez au Stone Lion Inn de 1907 ou au Pollard Inn occupant la première banque de la ville. Buvez un verre au Blue Belle Saloon où officia Tom Mix, la première star internationale de western.
100 miles au nord d’Oklahoma City, Enid était à l’origine un simple point d’eau sur la Chisholm Trail, reliant le Texas à Wichita ou Abilene au Kansas.
A voir :
- Le Humphrey Heritage Village
- Le Cherokee Strip Regional Heritage Center
- Le Railroad Museum of Oklahoma
85 miles au sud-ouest d’Oklahoma City, Fort Sill National Historic Landmark demeure le seul établissement militaire érigé dans les plaines du Sud lors des guerres indiennes, à être encore en activité. Construit en 1869 pour contrôler les Kiowas et les Comanches, il fut visité par Buffalo Bill Cody, Wild Bill Hickok et le fameux 10ème de cavalerie composé de soldats noirs. De 1892 à 1897, il y eut même un peloton du 7ème de cavalerie, uniquement composé d’indiens ! Géronimo y fut prisonnier de guerre jusqu’à sa mort en 1909. Ce dernier repose désormais au cimetière militaire avec d’autres chefs tels que Quanah Parker ou Santanta. La cavalerie céda la place à l’artillerie avec la fondation de l’école d’artillerie de l’US Army en 1911 et le musée le plus important de l’US Army avec 46 bâtiments historiques. En saison, y ont lieu des reconstitutions de la vie militaire du XIXe siècle.
A l’ouest de Fort Sill Military Reservation, sur plus de 24 000 hectares, le très beau Wichita Mountains Wildlife Refuge constitue le repaire de bisons, wapitis, daims et chiens de prairie. Un moment vraiment nature et hors des sentiers battus !
Le Washita Battlefield National Historic Site, près de Cheyenne, commémore la bataille de Novembre 1868 de Washita. G.A. Custer mena à la victoire son 7ème de cavalerie contre les Cheyennes de Black Kettle, un événement vu notamment dans « Little Big Man ».