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Puerto Rico

Ile charnière lovée entre les Petites et les Grandes Antilles (dont elle est la plus petite), Puerto Rico bénéficie d’un statut d’état libre associé aux Etats-Unis depuis 1952.


HISTOIRE

Christophe Colomb découvrit l’île en 1493 lors de son deuxième voyage transatlantique. Il y rencontra les taïnos qui avaient succédé aux archaïques débarqués il y a plus de 2000 ans, les arawaks et autres ignéris, appelant l’île : « Borinquén », le pays du dieu vaillant. Convertis avec l’arrivée de Ponce de Leon, les locaux furent vite mis en esclavage pour exploiter les mines d’or, avant d’être décimés, autant par les dures conditions de travail que par les maladies contractées au contact des espagnols. L’importation d’esclaves africains permit le développement des plantations de canne à sucre, de bananiers, de citronniers puis du tabac.

Sur la route des galions revenant lourdement chargés d’Amérique Centrale et du Sud, Puerto Rico devint un bastion important de l'Empire espagnol qui y développa un système complexe de fortifications, avec une série d’ouvrages autour de San Juan (fondée en 1521), notamment le formidable Fuerte San Felipe del Morro devant lequel Francis Drake se cassa les dents en 1595. Les anglais en 1598 puis les hollandais en 1625 réussirent à prendre la ville mais en furent chassés par la dysenterie… Après les efforts d’aménagement entrepris par le général Alejandro O'Reilly, la Révolution française puis les campagnes de Simon Bolivar et la Guerre de Sécession firent affluer de riches planteurs qui exportèrent rhum, sucre et café vers les Etats-Unis, l’esclavage n’étant aboli qu’en 1873.

Ayant enfin obtenu son autonomie de l’Espagne en 1897, l’île vit débarquer les troupes U.S. un an plus tard, lors de la guerre hispano-américaine. Devenue base militaire américaine, un fort courant d’immigration vers les Etats-Unis s’amplifia. Concentrés sur New York, on baptisa les émigrants : Newyoricains. Ce sont eux qui chantent « America » et s’opposent aux Jets dans la comédie musicale, adaptée au cinéma, « West Side Story ».

Malgré plusieurs référendums récents, l’île préfère garder son statut plutôt que de devenir état américain. Mais ce n’est sans doute qu’une question de temps...


GEOGRAPHIE

Rectangle presque parfait long de 100 miles et large de 35, l’île est facilement rejoignable d'un bout à l'autre grâce à un réseau routier assez conséquent et plutôt bien entretenu à l’aune de la Caraïbe. En dépit de son développement et de sa population abondante (plus de 4 millions d’habitants) principalement rassemblée sur ses côtes et notamment à San Juan et Ponce, ses principales villes, l’île reste étonnamment préservée, surtout dans l’intérieur occupé par des montagnes abruptes et recouvertes de jungle, mais aussi le long des plages de la côte Sud ou dans ses petites îles satellites.

Un séjour dans l’île comblera tout autant les épris de nature sauvage prêts à randonner, à faire du rafting ou de la spéléo, que les accros aux bains de soleil. Partout sur des plages de carte postale, on plonge, on surfe, on pêche ou on fait de la voile !


TRANSPORT

Une fois posé à l’aéroport Luis Muñoz Marín International Airport, 14 km à l’est de San Juan dans la banlieue de Carolina, on peut prendre le taxi ou le bus qui est très bon marché mais dont les changements sont possibles et qui reste un moyen de transport très lent, au point de prendre parfois une heure… Tous deux peuvent être utilisés, que l’on aille à Old San Juan, sur les plages ou au terminal des paquebots de croisière.

Sur le plan pratique, rien ne remplacera la location de voiture. Les loueurs locaux peuvent être moins chers, mais en général, les loueurs internationaux sont plus fiables et offrent un service 24/24h. La conduite locale, par bien des aspects, rappelle le monde latino, mais les routes sont plutôt en bon état (méfiez-vous des nids de poule !). D’ailleurs la signalisation affichée en espagnol n’est pas d’une fiabilité à toute épreuve quand elle n’est pas carrément inexistante. Les distances sont affichées en kilomètres et les limitations de vitesse en miles… Les cartes locales ne brillent pas par leur exactitude non plus.

Si vous préférez une expérience couleur locale, empruntez les « publicos », un réseau de bus-taxis avec des véhicules d’une capacité de 10 passagers. Ce n’est pas très cher mais pour se renseigner, le seul moyen est de se rendre à la gare routière. A San Juan, la plupart de ces terminaux sont dans le quartier de Rio Piedras. Les lignes allant vers l’Ouest peuvent aussi se trouver à Santurce. On sait à peu près quand on part (jamais le dimanche) mais s’il est conseillé d’être patient... En revanche, pour l’arrivée, c’est une autre histoire. Le chemin suivi est très variable et les stops inattendus, donc il ne faut surtout pas être pressé et penser que c’est aussi ça le voyage... On est bien dans le monde latino !


CLIMAT

Côté climat, comme habituellement sous les tropiques, Puerto Rico ne connait pas de saison. La température est constante toute l’année et avoisine les 25-28°C de novembre à mai. Il fait plus chaud le reste de l'année.
Toutefois, dans l’intérieur montagneux, elle peut chuter de manière importante, surtout avec la pluie très dense sur El Yunque, ou quasi inexistante dans la forêt sèche de Guanica.
La saison des ouragans (dans la rubrique : « le saviez-vous ? », un nom d’origine taïno) s'étend de juin à novembre (la saison la plus chaude et la plus humide), septembre étant en général le mois le plus riche de ce genre de phénomènes.


HEBERGEMENT

L’hébergement est extrêmement varié. Lodges modestes de l’intérieur cohabitent avec les resorts de bord de mer et les chaînes d’hôtels internationales avec leurs buildings de verre et d’acier aux équipements sophistiqués.
On y trouve même une vingtaine de « paradores » labellisés par Puerto Rico. Ces auberges, en général proches des sites touristiques, peuvent bénéficier d’un site agréable mais ce n’est pas toujours le cas. Et en aucune manière, la qualité de ces établissements n’a un lien quelconque avec leurs homonymes espagnols. Ne vous attendez donc pas, à cause du nom, à tomber dans un hôtel de charme ou ayant un passé historique. Certains ne sont jamais que des motels. La Compañía de Parques Nacionales gère quelques sites assez économiques mais souvent rustiques à proximité des parcs nationaux.
On trouve aussi une vingtaine de campings près des plages, forêts ou parcs nationaux mais dont les disponibilités sont limitées. Ils doivent être réservés au moins 2 semaines à l’avance.


FESTIVALS

Pour corser le tout, l’île est animée par toute une série de fêtes et de festivals très populaires. Chaque localité célèbre aussi son Saint Patron le jour de sa fête mais aussi les jours qui précèdent ou qui suivent.
Avec les fêtes nationales habituelles ajoutées à quelques autres, il se passe régulièrement quelque chose...Ne vous étonnez donc pas si les hôtels sont pleins !



SAN JUAN ET LA COTE NORD

Old San Juan, posé sur une île, est sans nul doute l’attraction numéro 1. L'un des plus beaux joyaux de l’architecture coloniale hispanique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est agrémenté de forteresses et de vieilles églises dont la cathédrale où repose Ponce de Leon. Fortifications et ruelles pavées composent un décor digne d’un film de pirates. Et sous ses murs, on n’a guère l’impression d’être dans une agglomération de plus d’un demi million de personnes, même si l’on est bien entouré avec les hordes de touristes débarquant d’une noria ininterrompue de paquebots qui font de la ville, l’un des tous premiers ports de croisières au monde. On pourra toutefois s’échapper vers les plages dont celles de Condado, farcie de grands hôtels, de restaurants ou de Pinones.

A voir aux environs, la plage de Luquillo Beach environ 25 km à l’Est, et la forêt tropicale humide d’El Yunque. Beaucoup plus à l’Ouest, on visitera successivement l’observatoire astronomique d’Arecibo, dont le radio télescope géant, perdu dans la jungle, est le théâtre des scènes finales de « GoldenEye », le premier James Bond avec Pierce Brosnan, et enfin le Río Camuy Cave Park. Creusé dans le relief karstique qui caractérise le nord-ouest de l’île, illustré par ses protubérances en meule de foin, ce labyrinthe inextricable de grottes souterraines a été sculpté par le Rio Camuy il y a un million d’années. Ce système de grottes est considéré comme le 3ème au monde par sa taille et la longueur de ses galeries. A noter : la Cueva Clara fait 210 mètres de long.


LA ROUTE PANORAMIQUE

Les 266 km de la Ruta Panoramica reliant Maunabo à l’Est à la charmante Mayaguez à l’Ouest, passant par la Cordillera Central, est à couper le souffle. Attention, la route aux lacets multiples n’est pas toujours facile à suivre et elle est dangereuse, mais le spectacle est de toute beauté avec de temps à autre, un panorama à 360° affichant Atlantique et Mer des Caraïbes. Inutile de dire que vous serez vraiment hors des sentiers battus.
Cette route se parcourt en 2 jours au minimum.


LA COTE OUEST

La Puerta del Sol, l’Ouest de l’île, collectionne les spots de plongée enchanteurs et les plages sublimes avec au large, les îlots de Mona et Desecheo.
Mona, située 60 km au large de Mayaguez et donc plus proche de St Domingue, est souvent surnommée la Galapagos des Caraïbes à cause de ses grands iguanes dont l’iguane de Mona, endémique, qui atteint la taille respectable d’1,20 mètre. Vivent aussi dans cette zone, principalement en hiver, des tortues de mer, des oiseaux marins et des baleines à bosse. Récifs coralliens, mangrove, falaises de près de 70 mètres, grottes sous-marines immenses et plages étincelant sur 5 miles seulement, composent un décor de matin du monde, à peine troublé par un vieux phare de 1900.
Rincon, un peu au nord de Mayaguez, est un spot réputé pour le surf.


LA COTE SUD

Près de Guanica au Sud-ouest, région riche en vieilles haciendas historiques, la forêt sèche classée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO, abrite d’immenses colonies d’oiseaux ainsi qu'une flore endémique unique au monde.

Non loin de là, La Parguera se trouve au milieu d’un dédale de marais et de chenaux drapés de mangrove et menant à des récifs coralliens qui attirent les plongeurs de tous les niveaux. Le Wall (le mur), un tombant long de 35 km allant de Guanica à Cabo Rojo dont les parois dégringolent de 700 mètres, est un superbe site. Que ce soit avec des bouteilles ou un simple masque et tuba, vous apercevrez barracudas, lamantins, tortues et petits requins. La Parguera possède aussi sa baie luminescente, la Bahía Fosforescente. Les dinoflagellés, micro-organismes planctoniques, se mettent à briller quand ils se sentent menacés. Ce son et lumières muet assez étrange est à voir de nuit, soit en bateau à fond de verre, soit en allant nager. Toutefois, avec la pollution, le phénomène n’est plus aussi spectaculaire qu’autrefois, en tout cas beaucoup moins qu’à Vieques (voir plus loin).

Les origines de San German remontent à 1511, ce qui en fait la deuxième ville la plus ancienne de l’île. Son charmant centre-ville, très évocateur de l’ancienne splendeur coloniale, possède de nombreux bâtiments listés au National Register of Historic Places, comme la toute simple Iglesia de Porta Coeli sur la Plazuela de Santo Domingo ou, un block à l’Ouest, la plus élaborée Catedral de San Germán de Auxerre qui domine la Plaza Francisco Mariano Quiñones. Toutes deux datent de l’époque baroque. La ville de l’acteur Benicio del Toro est vraiment une halte très agréable avec son atmosphère d’autrefois, beaucoup plus authentique que celle de San Juan.

Ponce, au centre de la côte Sud, est la seconde ville de l’île avec plus de 200 000 habitants. Elle est riche d’une belle architecture néoclassique et de plusieurs musées dont sa colorée caserne de pompiers à rayures, véritable emblème de la ville.


VIEQUES ET CULEBRA

Les petites îles de Vieques, flanquant l’est de Puerto Rico, appartiennent géographiquement aux Iles Vierges. Ce sont d’anciens champs de tir militaires enfin désaffectés et rendus à la nature.
La première île, longue de 34 km et située à seulement 11 km au large de Puerto Rico, est célèbre pour Mosquito Bay. On s’y rend de nuit en excursion pour observer en bateau électrique ou en kayak, la luminescence baignant la mangrove qui est due à la présence de milliards de micro-organismes vivants, les dinoflagellés. Ces algues planctoniques s’allument dans un réflexe de défense en illuminant ses eaux. On peut même y prendre un bain assez magique… Le phénomène est beaucoup plus spectaculaire qu’à la Bahía Fosforescente près de La Parguera, sur la côte sud de Puerto Rico.
La seconde île, 27 km au large de Fajardo, collectionne les plages perdues offrant autant de remarquables spots de plongée.
Site internet : www.gotopuertorico.com
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Puerto Rico - Crédit photo : See Puerto Rico
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