Aucune autre région américaine ne peut présenter une telle unité. Composée de six états, Connecticut, Maine, Massachusetts, New Hampshire, Rhode Island et Vermont, la Nouvelle Angleterre est le berceau historique, politique et économique de l’Amérique. Elle prétend toujours que la première colonie blanche d’Amérique a été fondée en 1620 par les Pères Pèlerins quand le Mayflower accosta dans l’anse de Cape Cod (alors que les espagnols étaient installés depuis longtemps à St Augustine et que Jamestown en Virginie la précédait depuis 1607). C’est ici que débuta la coutume de Thanksgiving, la fête familiale américaine par excellence. C’est aussi sur son sol que débuta la Guerre d’Indépendance. Une fois consolidée, elle allait éduquer l’élite de la nation dans de prestigieux établissements comme Harvard ou Yale, ou, bien après, le MIT, fréquentés par de véritables dynasties et créant la caste des WASPS, quintessence du monde yankee. Plus tard, ses villes retentirent du bruit des premières usines de la Révolution industrielle qui allaient tourner à plein régime, stimulées par les inventions, la mécanisation, la fabrication en série, le chemin de fer, lors de la Guerre de Sécession, faisant la fortune de ses premiers milliardaires. Ce sont eux qui allaient lancer la mode de la villégiature en se faisant construire des demeures princières sur les falaises de Newport, se mettant au yachting, au tennis ou au golf, avant les sports d’hiver. Par la suite, les clans Kennedy et Bush prirent leur succession avec leurs propriétés de Cape Cod ou de Kennebunkport. Sa réussite économique et son rayonnement culturel allaient lui donner une prééminence parfois exagérée, voire une certaine autosatisfaction et un sentiment de supériorité.
Bénéficiant d’une longue façade atlantique tout en îles, détroits, caps et péninsules, à laquelle s’adossent plusieurs rameaux des Appalaches, la région séduit par son charme unique, balançant entre « vieille Europe » et Nouveau Monde. Jouant à fond sur la nostalgie du bon vieux temps, elle a misé sur le tourisme quasiment depuis ses origines. Pas un village n’oublie d’entretenir son patrimoine ou d’embellir son aspect, tout de bois vêtu, à tel point qu’on a parfois du mal à distinguer ce qui a été construit hier de ce qui date de 250 ans. Les villages de pêcheurs, communautés de fermiers, petits villages de poupées des Berkshires ou des Green Mountains caractérisés par leurs ponts couverts et les flèches blanches de leurs clochers font l’objet de reconstitutions et d’animations en costume, comme à Mystic Seaport ou Old Sturbridge Village. On se promène sur les landes de Cape Cod National Seashore, dans les sombres défilés ou « notches » entaillant les montagnes du New Hampshire, dominées par le venteux Mont Washington. On canote sur des lacs, tantôt modèles réduits tantôt XXL comme le Winnepesaukee, attirant jusqu’au président de la République française. C’est sans doute l’exemple de Champlain qui avait, le premier, reconnu « son » lac baignant le Vermont (le seul état ne donnant pas sur l’océan) qui l’a inspiré… Sur la côte déchiquetée du Maine abritant d’authentiques ports baleiniers et partageant l’héritage de l’Acadie française avec son voisin canadien, on honore le souvenir de Cadillac et de Marguerite Yourcenar aux confins d’Acadia National Park. On savoure la cuisine locale, de la dinde célébrant Thanksgiving, aux fruits de mer innombrables, à déguster lors d’une clambake avec homard en vedette et clamchowder en entrée et la gelée de canneberge en dessert. Bien sûr, c’est lorsque ses forêts flamboient lors de l’été indien et que les verts passent au rouge que l’on appréciera au mieux la région. Mais attention, les prix s’envolent avant les feuilles… Boston, « l’Athènes de l’Amérique », est une porte d’entrée attachante et une destination en soi. Malgré sa taille, on se balade facilement à pied dans le centre ville aéré par la baie, la Charles River et le Commons, le poumon vert de la ville. On aime son ambiance maritime, ses vieux quartiers aux ruelles pavées, ses parcs, l’atmosphère historico-culturelle présente à chaque coin de rue, comme dans ses musées de classe mondiale. Portland, sur la côte du Maine, accessible aussi en train, est une bonne base si on se concentre sur le nord de la région ou la côte. Partout, l’hébergement proposé, auberges de charme et hôtels « historiques », est en accord parfait avec l’histoire et l’atmosphère des lieux… Si vous êtes une famille nombreuse ou un groupe d’amis, on vous recommande, si vous avez envie de vous poser quelques jours, une location de villa, histoire de goûter à l’american way of life en vacances. C’est ainsi, profitant d’une résidence proche de l’océan, un cottage en bord de lac ou un condo au pied des montagnes que vous découvrirez l’âme de la Nouvelle Angleterre qu’il est aussi très facile de combiner avec la Nouvelle France, que ce soit le Québec ou les Provinces Maritimes canadiennes.
RHODE ISLAND
A ce jour, cet état n'est pas encore membre du Visit USA Committee/France. C'est pourquoi vous ne trouverez qu'une information limitée.
Le Rhode Island est, avec un peu plus de 3000 km², le plus petit état américain. Moins de 50 miles de long sur 37 de large, il est certes petit par la taille mais grand par son histoire et le touriste trouvera quelques bonnes raisons de s’y arrêter pour absolument l’inclure dans un périple à travers la Nouvelle Angleterre, sachant qu’il peut fournir une étape de choix entre New York et Boston qui seront, bien sûr, les meilleures portes d’entrées aériennes. Treizième colonie britannique, ce fut aussi la première à proclamer son indépendance vis-à-vis du roi d’Angleterre et la dernière à signer la Déclaration d’Indépendance américaine, illustrant ainsi une farouche volonté d’indépendance vis-à-vis de quel que pouvoir que ce soit. En effet, son fondateur, Roger Williams, avait déjà fui l’intolérance et les persécutions des pèlerins puritains intégristes du Massachusetts. Ce fut également le seul état, avec son voisin du Connecticut, à ne pas ratifier l’acte du congrès imposant la Prohibition ce qui allait faire le bonheur des gangsters locaux profitant de la topographie locale. C’est aujourd’hui l’état le plus catholique des Etats-Unis.
Il a été aussi fortement marqué par les révolutions industrielles comme le démontre le Blackstone River Valley National Heritage Corridor, qui, allant de Providence à Worcester au Massachusetts, passe à Woonsocket et Cumberland, riches de nombreux sites et monuments listés au National Register of Historic Places, la seconde étant ville natale des frères Farelly qui ont souvent mis en vedette leur état dans leurs films, comme dans le désopilant « Mary à tout prix » ou « Fous d’Irène ».
Tout en côtes, semé d’une trentaine d’îles comme celle d’Aquidneck Island, découverte en 1524 par Verrazano qui lui trouva suffisamment de ressemblance avec l’île de la mer Egée pour lui donner son nom, il borde la baie tourmentée de Narragansett, aujourd’hui barrée par l’immense pont suspendu de Claiborne Pell Newport Bridge, et qui contient une bonne partie des 400 miles de côtes de l’état auxquelles il doit son surnom d’Ocean State. On ne sera donc pas surpris d’apprendre que ce sont ses deux ports originels qui offrent les plus marquantes de ses principales curiosités : Newport et ses souvenirs historiques allant de l’Indépendance à l’Age d’Or des grandes dynasties y venant en villégiature en passant par la Prohibition, et Providence, animée par ses collèges et universités et au riche passé industriel. L’intérieur, bordé par la frontière du Connecticut, fermier et forestier, rappelle la ruralité tranquille que l’on trouve dans les cinq autres états de Nouvelle Angleterre et n’a donc rien en soi de véritablement unique. On ne doute pas néanmoins que vous éprouverez vous aussi le « Coup de Foudre à Rhode Island » comme notre Juliette Binoche nationale en vous arrêtant par hasard dans de mignons petits villages…
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