Bonjour Pauline,
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Pauline Poles, artisan créateur pour Amplitudes, une maison française du voyage sur mesure depuis plus de trente ans.
J’accompagne nos voyageurs dans la conception de leur itinéraire américain. Un voyage pensé comme une œuvre d’équilibre, façonnée à la main dans le détail et dans l’écoute.
Vous êtes donc experte des USA pour le Tour Opérateur Amplitudes, reconnu comme pionnier du voyage sur mesure. En quoi cela se traduit-il concrètement pour vos clients qui partent aux États-Unis ?
Chez Amplitudes, chaque voyage est une création, pas une reproduction. Nos itinéraires américains sont dessinés autour d’une idée, celle d’offrir le luxe de l’envie et du temps. Nous pensons l’Amérique comme un triptyque : l’Ouest à contempler, l’Est à réfléchir, le Sud à ressentir.
Comment sélectionnez-vous vos itinéraires et expériences pour qu’ils soient à la fois originaux et authentiques ?
On commence toujours par rencontrer. C’est notre boussole. Un cavalier à Bandera, un chef à Santa Fé, un musicien à La Nouvelle-Orléans… Ce sont eux qui donnent une âme aux lieux. L’authenticité, ce n’est pas faire “comme les locaux”, c’est être initié par eux. Observer un geste, capter un regard, échanger un silence, un sourire aussi. L’expérience devient vraie quand elle est partagée.
Quelle expérience insolite peut-on vivre aux États-Unis grâce à Amplitudes ?
Dormir dans le désert de l’Utah, écouter le vent avant l’aube dans un canyon, partager un repas dans un ranch du Montana… ou parcourir La Nouvelle-Orléans au fil de ses parfums. Un jour, sous une pluie fine qui voilait légèrement l’horizon, un groupe d’amies a eu la chance de voir le soleil se lever sur Monument Valley, site sacré pour les Navajos. Une lumière d’orange et de rose s’est installée, lente et paisible, dans le ciel. Un matin qui a une place particulière dans nos vies, m’ont-elles confiée, touchées. C’est ça, le vrai luxe. L’émotion brute, sans artifice.
Amplitudes met en avant des hébergements uniques. Avez-vous quelques exemples de « pépites » hôtelières aux États-Unis que vous adorez recommander ?
Le Amangiri, dans l’Utah, est presque un manifeste avec son architecture minérale qui disparaît dans le paysage. Mais j’aime aussi les lieux plus incarnés. L’hôtel Emma à San Antonio, The Greenwich Hotel à New York, où le bois, la pierre et la lumière racontent une idée très française du confort.
Quelles tendances actuelles observez-vous chez les voyageurs français qui rêvent des États-Unis ?
Ce que je vois, c’est une envie de revenir à l’essentiel. Voyager plus lentement, rester plus longtemps, donner du sens à chaque instant. Ce qu’ils viennent chercher, c’est une Amérique plus humaine, plus mesurée. Des expériences avec du caractère plutôt que des étapes à cocher. À New York, se laisser prendre au jeu d’un match de NBA au Madison Square Garden, l’une des arènes les plus célèbres au monde. Rouler, fenêtre ouverte sur le Pacifique, le long de la superbe Highway 1 en Californie. Au Nouveau-Mexique, marcher ou glisser sur les dunes immaculées du White Sands National Park. Ou encore, trouver une forme de sagesse en admirant les séquoias géants du parc éponyme.
Pour un premier voyage aux États-Unis, quel itinéraire « signature » recommanderiez-vous à une personne qui veut sortir des sentiers battus ?
Un itinéraire de l’Ouest intérieur, de Sedona à Albuquerque. Une Amérique de pierre et de lumière. Une Amérique où le temps n’a pas de prise. Il est difficile de se presser devant ces paysages infinis et silencieux.
J’aime aussi conseiller la Côte Est, de Boston à New York pour son élégance urbaine, sa profondeur culturelle, son rythme plus feutré, sa mémoire intimement liée à l’histoire du pays.
Deux visages d’une même Amérique. L’un plus viscéral et instinctif. L’autre plus réfléchi, plus mémoriel.
Pour un Road trip mythique, vous êtes plutôt Route 66, Highway 1 en Californie, parcs de l’Utah ou le Grand Sud ? Pour quelles raisons ?
Les parcs de l’Utah, sans hésiter.
La Route 66 est une belle image, l’Utah, une révélation. On y prend le pouls du pays tout en traversant des paysages vastes, immenses, scéniques. Avec l’impression d’être habité par mille histoires.
Le Grand Sud, lui, a cette chaleur et ce bouillon de vie qui accueillent l’étranger avec bienveillance et générosité. Un luxe simple et vrai.
Quel Etat américain a selon vous le plus de visages différents à offrir aux voyageurs ?
La Californie.
Elle glisse d’une brume à Big Sur aux vignes de Napa, d’une plage battue par le Pacifique aux forêts du Nord, des neiges de Mammoth Lakes à la chaleur de Palm Springs, d’un motel vintage à un hôtel d’architecte. Une Amérique complète, sensible, inventive.
Avez-vous une ville coup de cœur aux US ? Comment pourriez-vous la définir ?
Parce que c’est une ville-monde qui offre toujours un angle différent. On y consomme, certes, mais on y contemple tout autant. Un rayon de lumière sur un brownstone, un coucher du soleil à Brooklyn un verre à la main, une sculpture dans le silence d’un musée à l’ouverture. New York, c’est l’Amérique du regard, de l’œil qui analyse le moindre détail.
Si vous aviez une machine à remonter le temps, à quelle époque aimeriez-vous voyager aux USA pour les découvrir autrement ?
Les années 1950, pour ce bouillonnement artistique, cette Amérique du geste et du rêve. Et puis, pour une certaine idée de l’élégance. Celle des lignes pures, des Chevy chromées et des silhouettes impeccables.
Mais ce que j’aime aujourd’hui dans l’Amérique qu’on parcourt, c’est qu’elle se réinvente sans cesse. Qu’elle bouge, qu’elle doute, qu’elle fasse le pont entre hier et demain. Et c’est ce mouvement là qu’on aime accompagner. Jamais dans la conquête, mais dans la justesse. Pas tout voir, juste bien regarder.
Merci pour votre retour Pauline !