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Entre blues, rock, rap et techno

Découvrez la musique de Detroit !

Chantée par Smokey Robinson & the Miracles (« Care About Detroit »), Sammy Davis Junior (Hello Detroit) ou Red Hot Chili Peppers (« Detroit ») parmi des centaines d’autres, l’ancienne capitale de l’automobile à qui elle doit son surnom de « Motor City« , est une ville fascinante. Sa faillite économique et ses jachères urbaines font les choux gras des journalistes et le cadre de nombreux films made in Hollywood, souvent assaisonnés de musique locale tels « Narc », « Virgin Suicides », « Gran Torino », « Alex Cross » ou encore « 8 Mile », inspiré de la vie d’Eminem et titre de l’une de ses chansons). Son destin industriel et ouvrier se retrouve dans des chansons comme « Cadillac Assembly Line » (Albert King), « One Piece at a Time » (Johnny Cash), « Papa Hobo » (Paul Simon), « Detroit Medley » (Bruce Springsteen), tandis que le brûlot « Motor City is burning«  des MC5, repris par John Lee Hooker, témoigne de la violence de la période des émeutes raciales de 1967.

Car Detroit est aussi une grande ville de blues, ses usines attirant les Noirs du Sud sans emploi du fait de la mécanisation de l’agriculture. Toutes les grandes chanteuses de l’entre-deux-guerres passent à Detroit, comme Mamie Smith, Ma Rainey ou Bessie Smith. John Lee Hooker, venu de Clarksdale au Mississippi en 1943, fera avec Aretha Franklin, une fille de pasteur venue de Memphis, future « Lady Soul », ou Little Willie John, le premier à enregistrer « Fever » qui sera repris par Elvis, le trait d’union entre le blues, la soul et la pop.

Detroit dans les années 1960 va devenir la capitale d’un rock dur et sauvage, annonçant le hard rock et le métal, collant bien avec les conflits de l’époque, sociaux ou raciaux. Ce qui compte c’est de jouer fort et de taper dur. Le premier groupe de Bob Seger, futur leader du Silver Bullet Band avec qui travaillera le futur membre des Eagles Glenn Frey, disparu en 2016, lui-même originaire de Royal Oak, ne s’appelle-t-il pas The Decibels… !?

Ses représentants historiques sont les MC5 (les 5 de Motor City) dont le chef d’œuvre reste « Kick Out the Jams« , un album aux accents subversifs voire insurrectionnels enregistré en direct lors de deux concerts consécutifs au Grande Ballroom (en 1968, mais aussi les Stooges menés par Iggy Pop. Mitch Ryder avec The Detroit Wheels puis dans Band of Detroit aura une grande influence sur le rock en col bleu, celui inspiré par la condition ouvrière comme l’illustre sa compilation « All the Real Rockers come from Detroit » ! Grand Funk Railroad, un groupe de furieux originaire de Flint (voir le film de Michael Moore) battant tous les records de recettes dans les années 1970-72, Alice Cooper, jouant les provocateurs décadents, Ted Nugent, bien qu’excellent guitariste détonant par ses penchants réactionnaires, vont continuer la tradition du « gros son ».

Paradoxalement, à peu près au même moment, Berry Gordy produit sous le label Tamla Motown (abréviation de Motor Town), grâce à des compositeurs tels que le trio Holland-Dozier-Holland écrivant tube sur tube, une musique noire qui « fait danser même les blancs », beaucoup plus lisse que celle de Stax, à Memphis, plus impliquée dans la déségrégation et les droits civiques. Le Motown Historical Museum est le studio mythique qui a vu enregistrer toutes les stars du fameux label noir des sixties comme Diana Ross, Stevie Wonder, les Supremes, les Temptations, les Commodores, les Four Tops, les Miracles ou Martha & The Vandellas, Smokey Robinson et Marvin Gaye, sans oublier les Jackson Five avec le tout jeune Michael.

Surnommé Hitsville, c’est une modeste bâtisse recouverte de planches, studio d’enregistrement de 1959 à 1972, pourtant machine à tubes à la formule éprouvée et aux musiciens remarquables d’efficacité. « Pour la batterie, est-ce que vous tapez avec tout l’arbre » leur demanda ingénument John Lennon… !

Le Studio A a l’air d’avoir été déserté fraîchement par les artistes et les musiciens ayant abandonné micros et instruments au pied de murs jaunis par la cigarette… A l’étage, l’ancien appartement du fondateur parti à Hollywood en 1970, occupé par les trophées, disques d’or et de platine obtenus par le label, pochettes de disques etc.

Suivront les vagues de rock garage, de hardcore punk, l’émergence de la techno qui fut lancée au début des années 1980 par la « triplette de Belleville »  (40 km à l’ouest) composée de Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May, et le rap dont Eminem, acteur étonnant de son semi biopic « 8 Mile« , est le représentant le plus éminent. La carrière du « King du Hip Hop », comme l’a baptisé le magazine Rolling Stone, sera jalonnée de morceaux citant sa ville. En 1997, John Anthony Gillis, bientôt renommé Jack White et Meg White, tous deux originaires de Detroit, donnent leur premier concert en formant un duo promis à un bel avenir, les White Stripes.

Aujourd’hui, la musique est toujours l’une des grandes caractéristiques de la ville. Elle reste marquée par le contexte local, Detroit restant toujours l’un des grands foyers techno dont le Detroit Electronic Music Festival (DEMF) est la locomotive et une vitrine pour la ville.

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